• Une fenêtre ouverte sur le génie artistique

    d'Ilya Répine

     

    20 juillet, 2012 Ruth Wyneken
     
    Dans cette maison de campagne située non loin de la ville Saint-Pétersbourg, Ilya Efimovitch Répine a peint certains de ses plus grands chefs d'œuvre.
     
     
     
    Les murs de la maison se souviennent de l’écrivain affrontant Vladimir Maïakovski dans des concours de dessin au fusain ou de Maxime Gorki et Fédor Chaliapine discutant autour de la grande table ronde.
     
     
     

    Une fenêtre ouverte sur le génie artistique d'ILYA REPINE

    Un lieu enchanteur au bord du golfe de Finlande, c'est un petit domaine typique de la fin du 19 siècle,

    début du 20 siècle où vivait et peignait le célèbre peintre russe Repine.

    Cet endroit nous plonge dans l'intimité du peintre et incite à la création artistique, la se rencontraient les peintres et ecrivains amis de Repine; dans l'atelier du peintre on peut admirer quelques unes de ses toiles ainsi que celles de ses amis.

     

    Une fenêtre ouverte sur le génie artistique d'ILYA REPINE

     

    Repine jugea le lieu tellement idyllique qu'il decida de se faire enterrer au fond du jardin.

     
     
    Dès 1918, le dessinateur s'est retrouvé isolé dans cette propriété proche du détroit de Finlande.
     

    Il est des endroits aux attraits incomparables, propices à l’étude approfondie du monde de l'art. Ils nous aident à nous ressourcer, loin de l’agitation quotidienne. Le magnifique parc qui entoure la propriété vaut le détour à lui tout seul. 

     

     

    Dans le village de Répino, à 40 kilomètres au nord de Saint-Pétersbourg, le portail blanc entièrement sculpté qui donne sur le domaine accueille les visiteurs. 

     

     

    Ces derniers empruntent l'allée de bouleaux qui mène au musée puis continuent leur chemin, équipés d’un audio-guide et de chaussons jetables de grande taille.

     

     

    Sans se presser, ils écoutent les commentaires surannés de

    l'audio-guide dans l’une des langues proposées :

    les promeneurs découvrent les Pénates, maison de campagne enchantée dont le nom évoque les divinités grecques, gardiennes du foyer.

    Jusqu’en 1940, la maison-musée du peintre, située dans le village de Répino (anciennement nommé  Kuokkala) se trouvait sur le territoire finlandais.

     

    La propriété a traversé le temps : la révolution, la guerre et d'autres moments capitaux de l'histoire russe se sont déroulés sous ses yeux.

     

     

    Quand  Ilya Répine (né en 1844 et décédé en 1930) achète ce domaine en l’honneur de sa seconde épouse, le village de Kuokkala est encore finlandais.

     

     

    En 1940,  ce territoire est annexé à l'Union Soviétique et le nom de Répino est attribué au village en l’honneur du peintre réaliste.

     

     

    De nombreuses variantes des toiles les plus connues de Répine ont été conçues dans la propriété des Pénates.

     

    La maison-musée offre désormais aux yeux du promeneur une collection d'esquisses, de tableaux et d’objets, témoins muets du travail et de la recherche créatrice de l'artiste.

     

     

    Un sabre, un gousli et une bourka cosaque sont exposés : s’ils appartenaient déjà à Répine lorsqu'il travaillait à son chef d'œuvre Les Cosaques zaporogues écrivant une lettre au sultan de Turquie, le peintre les utilisait également lorsqu’il se consacrait à la Horde sur la mer noire.

     

    À travers cette toile, le peintre a su saisir l'atmosphère oppressante qui s’abattait sur le pays suite à la défaite de la Russie dans la guerre qui l’opposait au Japon :

     

    en pleine mer, des cosaques réfugiés sur un rafiot luttent de toutes leurs forces contre la tempête, condamnés à une mort certaine. 

    Entre Finlande et Russie, la maison-musée Ilya Е. Répine, les Pénates, rend hommage au peintre. C'est ici que le peintre a réalisé son chef-d’œuvre connu dans le monde entier : 

     

     

     

    LesCosaques zaporogues écrivant une lettre au sultan de Turquie.

    Crédit photo : service de presse

    Répine a joué un rôle important dans la vie sociale, spirituelle et politique de son époque.  Bien qu'aujourd'hui, de nombreuses œuvres de Répine soient considérées comme des incarnations du réalisme socialiste, son œuvre cachait également des motifs religieux.

     

     

    Le peintre brillait par son intelligence lumineuse. I

     

    Une fenêtre ouverte sur le génie artistique d'ILYA REPINE

    l se sentait proche de l'enseignement de Leon Tolstoï ainsi que des « peintres ambulants » : ce mouvement artistique regroupait de nombreux peintres russes du dernier tiers du XIXe siècle qui jouèrent un rôle actif dans le développement de la culture et des arts. 

     « Débrouillez-vous ! »

    À l'entrée de la maison, une planche avertissait les nouveaux venus : « Débrouillez-vous ! ». « Enlevez votre manteau et déchaussez-vous tous seuls ! ». Pas la moindre trace d’un serviteur. En guise de sonnette, les invités annonçaient leur présence en frappant sur un tam-tam : l’énorme gong retentissait joyeusement.

     

    Une fenêtre ouverte sur le génie artistique d'ILYA REPINE

     

    Répine et son épouse, l'écrivaine Natalia Nordman, vivaient dans le respect de principes libéraux et démocratiques. Leur maison était un lieu de création, de débats, de réunions où se rencontraient les représentants des différents courants artistiques.

     

     

     

    Les écrivains Maxime Gorki, Alexandre Kouprine, Corneille Tchoukovski, le chanteur Fédor Chaliapine et le jeune poète révolutionnaire Vladimir Maïakovski aimaient se rendre chez Ilya Répine. Ce dernier avait beaucoup d'estime pour Maïakovski en tant qu'individu ; il refusait cependant de le considérer comme un artiste futuriste. Les dessins de Maïakovski plaisaient au peintre. Parfois, les deux artistes s’affrontaient dans des concours de dessin :

     

    que le plus rapide gagne !

     

    Musiciens, acteurs, peintre et savants en tout genre se réunissaient au cours de déjeuners végétariens.

     

     

    La table ronde massive, équipée d'un grand plateau tournant, permettait à tous les convives de se servir sans l’aide d’un tiers.

     

     

    Répine l’avait conçue personnellement. Le peintre avait également eu l’idée de construire de profonds caissons destinés à accueillir la vaisselle utilisée au cours des repas.

    Ceux qui ne respectaient pas les règles et ne se servaient pas eux-mêmes étaient invités à prendre place derrière une petite tribune afin d’improviser un discours au pied levé. Souvent, le propriétaire lui-même devait se soumettre à ce châtiment, pour le plus grand bonheur de tous.

    En 1918, suite à la révolution d'octobre, la frontière russo-finlandaise fut soudainement fermée.

     

    Une fenêtre ouverte sur le génie artistique d'ILYA REPINE

    Ilya Répine ainsi que d'autres peintres russes se retrouvèrent coupés de leur pays.

     

    La faim, le froid et une douleur à la main tourmentaient le peintre.

     

     

     

    La désolation s’incarne dans l’autoportrait qu’il achève en 1920.

     

    Dans l'atelier, une toile inachevée du peintre se dresse encore.

    Répine s’y est consacré près de 30 ans.

     

    Afficher l'image d'origine
      

     

    La toile, intituléePouchkine sur les rives de la Néva, 1835, représente l'écrivain, comme surgi de l’au-delà, devant la ville déserte de Saint-Pétersbourg, toute de pierre blanche bâtie.

    En 1926, les voix de l'intelligentsia russe résonnèrent à nouveau dans la maison de Répine, suite à la visite d’une délégation de l'Union Soviétique.

     

    REPIN portret REPIN.jpg 

    Cette visite bouleversa le peintre, déjà âgé, qui  refusa néanmoins de déménager.

     

    Il mourut quatre ans plus tard et fut enterré dans le parc de sa propriété après avoir légué ses Pénates à l'Académie des Beaux Arts de Saint-Pétersbourg.

     

    Pendant la guerre, la maison fut détruite.

     

     

    Pourtant, tout le mobilier qu'elle accueillait fut miraculeusement sauvé.

     

    Le musée fut méticuleusement reconstruit et ouvrit de nouveau ses portes en 1962. Aujourd'hui, la culture est plus accessible que dans les années 60 et 70.

     

    Cependant, si les visiteurs sont moins avides de découvertes qu’à l’époque, arpenter le musée vaut toujours le coup.

    L'association de différents genres était caractéristique du Siècle d'argent et Ilya Répine fut l'un de ceux qui éclaircit ouvertement sa position artistique.

     

     

    Dans ses mémoires, il écrivit : « En tant que manifestations supérieures de l’esprit, les idées authentiques et profondes resteront inaltérées. Véritables étoiles du monde des idées, elles retiendront l’attention des plus grands cœurs et des esprits les plus fins».

     

    (Il est impossible d’accéder à la citation originale issue des mémoires de l’artiste.

    Afficher l'image d'origine

    Cette version traduite de l’anglais est issue des travaux de Ruth Wyneken.) Si Ilya Répine était encore en vie, il continuerait inlassablement à se mêler des événements d’actualité dans lesquels baignerait son quotidien.

     

    1887 Repin Portrait S.I. Menter anagoria.JPG

     

    Ce dernier avait beaucoup d'estime pour Maïakovski en tant qu'individu ; il refusait cependant de le considérer comme un artiste futuriste.

    Les dessins de Maïakovski plaisaient au peintre.

     

     

    Parfois, les deux artistes s’affrontaient dans des concours de dessin :

    que le plus rapide gagne !

     

    SOURCES :

    http://fr.rbth.com/articles/2012/07/20/une_fenetre_ouverte_

    sur_le_genie_artistique_dilya_repine_14947.html

     

    • http://fr.rbth.com/articles/2012/07/20/une_fenetre_ouverte_sur_le_genie_artistique_dilya_repine_14947

     

     

    Yahoo! Google Bookmarks Pin It

    votre commentaire
  •  

     

    KonstantinMakovsky-io

    ILYA REPIN

     

    Ilia Iefimovitch Repine (en russe : Илья́ Ефи́мович Ре́пин, en ukrainien : Ілля Юхимович Рєпін, Illia Ioukhymovytch Riepine), né à Tchougouïev, près de Kharkov, aujourd'hui en Ukraine, le 24 juillet/ 5 août 1844. et décédé le 29 septembre 1930 à Kuokkala (Finlande), est l'un des principaux peintres et sculpteurs russes du mouvement artistique Ambulants.

     

    flower5 

     

    Ses œuvres réalistes expriment souvent une critique cinglante de l'ordre social.

     

    Fichier:Nicolas II of Russia by Iliya Repin.jpg

    Star NICOLAS II

     

    Sa vie et son œuvre

    Son père était officier. En 1866, il part pour Saint-Pétersbourg où il étudie à l'Académie impériale des beaux-arts.

      

      

    Répine séjourne en Italie et à Paris, grâce à une bourse attribuée par l'Académie, de 1873 à 1876.

     

    by Ilya Repin

     

    Il pеint des paysans,

    A Shy Peasant - Ilya Repin - WikiPaintings.org

     

     

    A Peasant with an Evil Eye, 1877  Ilya Repin

    A Peasant with an Evil Eye, 1877 Ilya Repin

     

    Ilya Repin - portrait of a peasant

    Ilya Repin - portrait of a peasant

     

    A Shy Peasant - Ilya Repin - WikiPaintings.org

     

    A Shy Peasant - Ilya Repin

     

     

     

     

     

    Ilya Repin

     

     

      

    des poissonnières

      

      

      

      

    et des scènes de la vie marchande.

     

    Fichier:Tenisheva by Repin.jpg

    La princesse Tenicheva (1896)

     

    Répine rejoint l'association des peintres ambulants (Société des Expositions Artistiques Ambulantes) en 1878. À partir de 1882 il vit à Saint-Pétersbourg mais fait de nombreux voyages à l'étranger.

     

    Fichier:Andreyev by Repin.jpg

    Portrait de l'écrivain Leonid Andreïev (1904)

     

    Inspiré par les portraits de Rembrandt représentant des vieillards, il immortalise nombre de ses compatriotes les plus célèbres,

      

      

    tels que Léon Tolstoï, Mendeleïev, Pobedonostsev, et Moussorgski.

     

     

     

    Fichier:Ilya Efimovich Repin (1844-1930) - Portrait of Leo Tolstoy (1887).jpg

     

    Lev Tolstoi

     

    En 1903, il est chargé par le gouvernement russe de réaliser son œuvre la plus grandiose, une toile de 400 x 877 cm représentant la Session protocolaire du Conseil d'État pour marquer son centenaire le 7 mai 1901.

    Leo Tolstoy and Ilya Repin

    Leo Tolstoy and Ilya Repin

     

     

     

    Fichier:RepinMussorgsky.jpg

    Moussorgski (1881)
    Portrait peint quelques jours avant la mort du musicien.

     

    Après la Révolution de 1917, son lieu de résidence, les Pénates, à Kuokkala, situé au nord de Saint-Pétersbourg, est incorporé à la Finlande.

     

    Russian painter Ilya Repin and his daughter Vera in winter 1914-15.

     

    Il est invité par Lénine à revenir en Russie, mais il est trop vieux pour entreprendre le voyage.

      

    Il ne revient en Russie que sur les supplications du ministre de l'éducation de l'Union Soviétique en 1926.

     

    Il meurt à Kuokkala, en Finlande (aujourd'hui russe :

      

    Repino, oblast de Leningrad) en 1930.

     

     

     

    Fichier:Ilya Repin - Dragonfly. Painter's daughter portrait - Google Art Project.jpg

    Fille du Peintre

     

    Les peintures les plus célèbres de Repine

      

    sont Ivan le Terrible tue son fils (1885),

      

    Les Bateliers de la Volga (1870-73),

      

      

      

    et Les cosaques Zaporogues écrivant une lettre au sultan de Turquie (1880-91).

     

    Ilya Repin (1844 - 1930)

    Russian painting of the "Burlaki", or barge-pullers, by Ilya Repin from 1870-73. 

    Pour des générations d'écoliers,

    Les Bateliers de la Volga a longtemps

    représenté le symbole de l'oppression tsariste.

     

     

     

    Fichier:Borodin by Repin.jpg

    Portrait de Borodine, compositieur

     

    Ilya Répine a eu entre autres pour élèves

      

    Isaak Brodsky,

    Nikolaï Fechine,

    Elena Luksch-Makowsky,

    Valentin Serov,

    Konstantin Somov,

    Vassili Porfirevitch Timorev,

    Marianne von Werefkin,

      

    Alexei von Jawlensky.

     

     

     

    Leo Tolstoy, by Ilya Repin

    Portrait de Léon TOLSTOI en paysan

     

     Leo Tolstoy in the forest - Ilya Repin

     

     Leo Tolstoy in the forest - Ilya Repin

     

    flower5

      

    WIKIPEDIA

     

    Portrait of Nadezhda Borisovna Nordman-Severova, 1909 Ilya Repin 

     

    Portrait of Nadezhda Borisovna Nordman-Severova, 1909 Ilya Repin

     

     

     


    Ilya Répine, L'Ukrainienne, 1875,
    huile sur toile,
    Moscou, Musée Pouchkine.

     

    Ilja Repin, Auf der Suche nach Russland (Ilia Répine, à la recherche de la Russie),

    Berlin, Alte Nationalgalerie, 15 août – 2 novembre 2003.

     

    En parcourant les salles de cette exposition, on comprend vite quel fut le parcours du peintre russe Ilia Répine (1844-1930) : c’est a peu près le même que beaucoup d’artistes européens (et non Français) de ses contemporains.

     

     Portrait of Maria Andreeva - Ilya Repin

    Portrait of Maria Andreeva - Ilya Repin

     

    Après une éducation artistique académique dans son pays natal (dans le cas de Répine, à l’Académie de Saint-Pétersbourg) et après avoir exécuté quelques tableaux, le peintre part pour Paris (en l’occurrence en 1874, grâce à l’obtention d’une bourse de l’Académie).

     

    Là, il rencontre l’avant-garde impressionniste et naturaliste qui lui ouvre les yeux devant les nouvelles possibilités artistiques.

     

    De retour dans son pays, il réutilise les « récettes » apprises en France qu’il sait accomoder à son style propre et à des thèmes particuliers issus de l’histoire et du folklore local.

     Reading girl - Ilya Repin

    Cependant, malgré ce schéma prévisible, c’est justement la façon dont ces peintres, et, en ce qui nous concerne, Ilia Répine, marient les innovations parisiennes avec leur savoir-faire et avec des thèmes qui paraîssent exotiques à des Français.

     


    De retour en Russie, Ilia Répine s’attache donc à créer des œuvres dont la technique doit beaucoup à cette jeune peinture française et à Edouard Manet en particulier, mais aussi aux maîtres anciens qu’il a vus à Rome et à Londres (dont Titien et Rembrandt).

     

     

    On y voit une liberté assurée de la touche, une pâte assez épaisse ou, au contraire, la toile laissée vierge et des couleurs très contrastées. L’influence française se voit aussi dans les genres qu’il aborde tout au long de sa carrière.

      

      

    Ce sont des portraits, dont pour une bonne partie de l’intelligentsia de son pays : des écrivains (Tourguéniev, Tolstoï), des musiciens (Rubinstein, Moussorgski), des collectionneurs (son ami et mécène Tretiakov), des scientifiques (Pavlov), des bourgeois et des bourgeoises… 

     

     

     

    des scènes de genre contemporaines, qu’il préfère choisir dans la campagne de la Russie, qui apparaît si intemporelle, plutôt que dans les grandes métropoles ;

    ainsi que des paysages.


    flower5

     

     

    En parallèle, Répine peint aussi quelques scènes de l’histoire russe dont La Tsarine Sophia Alexeievna au couvent de Novodevitchy (1879) est ici exposée. On regrettera à ce propos de ne pas voir plus de ces grandes toiles historiques dont sont montrées quelques études préparatoires : Ivan le terrible et son fils le 16 novembre 1581 (1885) ou Les Cosaques écrivant une lettre au sultan turc (1891).

     

     

     

    Même si elles sont rares dans sa carrière et s'il est dangeureux pour elles de les faire voyager, leur présentation aurait permis l’appréhension d’une facette de l’art du peintre que l'on a sinon du mal à cerner.

     

    repine Portrait Alexey Bogoliubov 1882.jpg

     

    Alexeï Bogoliubov 1882 par Ilya Repine

     

     

     

    Grâce aux textes disposés dans les salles de l’exposition, on comprend tout de même que ces toiles ne sont pas véritablement de grandes machines classiques. Il s’agit plutôt de représentations anecdotiques largement inspirées de la peinture allemande de la même époque.

    Des représentations anecdotiques qu’il faut tout de même savoir lire pour comprendre le drame qui se trame en arrière.

     

    ilia repine the mill at the river veulle.jpg

    Ilia Repine "Moulin sur la rivière Veules"

     

     

     

     

    Cependant, loin de vouloir dépeindre un passé idéalisé de son pays, Répine donne plutôt des critiques camouflées de la politique tsariste de la fin du XIXe siècle.

      

    En effet, dans les années 1880, il se range au côté des réformateurs sociaux pour une démocratisation de la politique russe. Cet engagement se voit d’ailleurs ébranlé en 1905, à la suite du dimanche sanglant, mais connaît un regain d’espoir à la chute du Tsar en 1917, avant la prise du pouvoir des Bolchéviques.

     

    Portrait of E D Botkina by Illya Repin, 1881 Russia

     

    Portrait of E D Botkina by Illya Repin, 1881 Russie

    Cet espoir amène Répine à peindre le portrait du président du gouvernement provisoire Alexandre Kerenski en septembre de cette même année.
    A ce propos, les commissaires de l’exposition se sont attachés à présenter un assez grand nombre d’œuvres datant de la fin de la vie de l’artiste.

     

    Une époque qui paraît moins intéressante due au fait que le peintre soit devenu un « officiel » : entre 1894 et 1907, il est directeur de l’Ecole supérieure près l’Académie des beaux-arts et où il exécute un grand nombre de portraits.  

    Portrait of L P Shteyngel by Ilya Repin, 1895 Russia

    Portrait of L P Shteyngel by Ilya Repin, 1895 Russia

     

     

    Toutefois, ce serait oublier qu’il est toujours un contestataire qui, en accord avec sa volonté de renouvellement de la société russe, représente des thèmes plus politiques comme La Séance du Conseil d’état du 7 mai 1901, le jour du centenaire de sa création (1903), La Dispersion de la manifestation, dimanche sanglant (1905), L’Enterrement rouge (1905-06) ou

     

     

    Ilya-Efimovich-Repin-1876-par Ivan-Nikolaevich-Kramskoy.jpg

     

    Ilya Repine 1876 par Ivan Kramskoï

     

     

    La Manifestation du 17 octobre 1905 (1906) et où, au niveau artistique, il se cherche de nouveaux moyens d’expression : une touche plus libre en peinture et l’emploi du fusain et de la sanguine pour le dessin.
     

     

    ilia repine the mill at the river veulle.jpg

     

    Ilia Repine "Moulin sur la rivière Veules"

     

     

     

    A propos du dessin, il faut noter que l’exposition est agrémentée de nombreux et très beaux dessins et études préparatoires qui permettent non seulement de connaître des œuvres qui ne sont pas exposées ou encore de comprendre le processus créatif de Répine, mais aussi de rentrer plus directement dans son intimité. Ainsi voit-on Maxime Gorki lisant son drame Les Enfants du soleil (1905) dans la maison même du peintre à Kuokkala ou une de ces voisines (vraisemblablement Maria Albertova Fiodorova) Au Clavier (1905).
     

     

     

    Enfin, ajoutons que le musée de Berlin a eu l’idée d’inclure une présentation d’œuvres françaises (Monet, Manet, Renoir…) et allemandes (Menzel, Knaus, Liebermann...) issues de ses propres collections et que Répine a vraisemblablement vues lors de ses déplacements à Paris et à Berlin.

      

    Toutefois, malgré un aspect didactique certain, cette idée paraît faire plutôt remplissage dans une exposition comptant tout de même une centaine d’œuvres mais qui n’arrive pas à remplir à elle seule le premier étage du musée.
     

    site internet : www.smb.spk-berlin.de

     

     

    Atelier-Jules-Cavelier

     

     

    Fin de siècle, Atelier de Jules Cavelier Aux Beaux-Arts de Paris
    et celui d'Ilya Repine à l'Académie impériale des beaux-arts de Saint-Pétersbourg.

     

     

    SOURCES

    D.R.

    La palette et le rêve

     

     

     

     

    Yahoo! Google Bookmarks Pin It

    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique